VLR ! - Vive la république

VLR!

MANIFESTE DE " VIVE LA REPUBLIQUE "

Adopté par l'Assemblée Générale Fondatrice
le 22 MARS 2003 à PARIS

L’association « Vive la République » que nous fondons aujourd’hui, 22 Mars 2003 à Paris, a pour but d’agir pour restaurer dans la vie publique française les valeurs et principes de la République, de démocratie et d’égalité et de progrès social, de laïcité. Elle veut œuvrer pour le redressement de la puissance publique, pour la promotion des atouts industriels de la France, et pour le maintien de son indépendance et de sa souveraineté au sein d’une Europe réorientée dans l’intérêt des nations qui la composent en rupture avec les traités de Maastricht, d’Amsterdam, de Nice, et de l’Atlantique Nord.

La France, l’Europe et le monde traversent actuellement une crise existentielle, dont l’origine se trouve dans la création d’un marché mondialisé dominé par des puissances financières sans contrôle, le plus souvent liées à l’hyperpuissance américaine. Cette dérégulation générale conduit à l’inégalité généralisée entre les citoyens et entre les nations, elle dissout tous les liens politiques et culturels, les citoyens du monde n’ayant d’autre choix que de rallier les valeurs politico - économiques de la doctrine « néo-libérale » des Etats-Unis.

Toutes les institutions internationales qui ont prétendu s’opposer ou réguler ce processus, et en particulier l’Union Européenne, se sont transformées, au contraire, en outils de sa diffusion. A l’heure où nous fondons notre association, ce processus montre son vrai visage : celui d’une course à l’abîme qui menace la paix du monde, et obère partout la croissance économique pour un développement durable et soutenable dont toute notre planète a tant besoin.

Aujourd’hui, le monde est à la croisée des chemins, et l’action politique est plus que jamais nécessaire.
Nous nous adressons à tous ceux qui se reconnaissent dans cette analyse, quel que soit leur cheminement politique passé, et qui ne font plus confiance aux grands partis de gouvernement, qui, sous les appellations d’origine non contrôlées de «droite» et de «gauche», se sont résignés à une régression qualifiée de «modernité». La gauche et la droite se sont transformées en vingt ans en étoiles jumelles de la politique, résignées à la loi du plus fort : celle de l’argent rentable à court terme.
Pourtant, la prise de conscience émerge partout : il est impossible de continuer dans la course folle imposée au monde et à la France depuis un quart de siècle.
La puissance publique, instrument de la démocratie, doit retrouver sa prééminence dans tous les domaines :
Il y faut de la volonté, du courage, de la ténacité.

La France démontre aujourd’hui sur la scène internationale qu’elle a la légitimité que lui confère son histoire et les valeurs sur lesquelles elle s’est construite.
Ce que nous exigeons, c’est que cette volonté qui s’exprime à l’ONU s’applique aujourd’hui à la France elle-même et à l’Europe.

Les grands chantiers qui sont à l’ordre du jour dans notre pays doivent avoir un objectif clair : restaurer les valeurs de la République, de la démocratie, de la souveraineté populaire. C’est la condition même pour que les réformes nécessaires soient mobilisatrices et partagées par tous.
Les services publics, l’Etat, doivent être modernisés et les fonctionnaires comme tous les citoyens doivent être mobilisés. Les services publics et l’Etat pourront ainsi retrouver leur dynamisme, leur efficacité, leur bonne gestion. Ils doivent être dans le même temps ramenés à leur mission de base : l’égalité des citoyens dans l’accès à leurs services. La course à la globalisation a mis en danger tous les services publics qui se sont endettés dans une logique aveugle et a partout contribué à développer une société à plusieurs vitesses.
La protection sociale des Françaises et des Français doit être sauvegardée et modernisée, en particulier dans les domaine des retraites et de la santé.
La laïcité doit retrouver sa place fondamentale. La religion est une affaire privée , elle doit pouvoir être exercée librement par chaque citoyen. Mais elle n’a pas sa place ni dans l’école, ni dans le domaine public ou dans les instances de l’Etat.
L’école de la République doit connaître un nouveau souffle afin de transmettre le savoir et la culture, de former le jugement des jeunes et les amener à la citoyenneté.
La justice, la police, l’ensemble des services publics doivent retrouver la voie de l’efficacité, du dynamisme, et retrouver la confiance et l’appui de tous les citoyens.
La liberté du citoyen passe aussi par sa sécurité dans sa vie quotidienne.
Enfin, il n’est pas de souveraineté sans une défense indépendante et efficace.
Mais l’objectif de ce redressement doit être partout de sauvegarder et de développer la richesse de notre pays qui fait encore son audience dans le monde : le droit égal pour tous (quelle que soit l’origine ou la condition sociale) à l’éducation, à la santé, à l’information et à des conditions de vie décentes dans tous les domaines.
Cela ne pourra pas se faire si en arrière-plan se poursuit la privatisation généralisée des services publics, le démantèlement de l’Etat dans la régionalisation, le recul de la puissance publique au profit des intérêts financiers.
Pour faire enfin reculer le spectre du chômage et l’insupportable injustice des «plans sociaux», notre appareil industriel doit être reconstruit et protégé contre la sauvagerie de la globalisation financière.
Il est évident que ces objectifs ne peuvent être atteints qu’à une échelle suffisante qui est celle d’une Europe repensée et réorientée.
Le monde du XXI° siècle a besoin d’un rééquilibrage. L’émergence d’une nouvelle croissance dans les pays les plus pauvres doit être soutenue, encouragée avec d’autres règles que celle du capitalisme financier aveugle.

L'Europe doit y trouver sa vocation profonde.

Cette croissance doit notamment prendre en compte la préservation de l’environnement et des ressources rares afin de permettre un développement durable.
Pour exister, l’Europe doit en finir avec la logique «fédéraliste» qui voudrait la noyer dans des institutions encore plus éloignées des citoyens qu’elle ne le sont déjà. La démocratie doit y retrouver sa prépondérance face à la technocratie.
L’Europe doit à l’inverse de ce qui se prépare avec la «Constitution Européenne» (qui va déposséder les peuples de leur souveraineté nationale), s’appuyer sur la coopération des nations, sources essentielles de la démocratie, redéfinir le rôle de ses institutions économiques et financières dont les objectifs doivent sortir des critères monétaristes pour s’attacher à définir une nouvelle politique de coopération et de croissance.
Tout élargissement de l’Union Européenne ou d’adoption d’une Constitution devra obligatoirement être soumis à un référendum populaire.
Beaucoup de citoyens et de citoyennes partagent ces objectifs. La politique institutionelle ne répond pas à leur attente. Les élections du printemps 2002 ont montré à quel point le partage du pouvoir au sommet entre deux coalitions, réduites de plus en plus à deux partis qui monopolisent la démocratie, ne reposait plus que sur l’abstention croissante, le rejet et le dégoût de la politique, et la montée continuelle de la démagogie de l’extrême-droite.
En fondant «VIVE LA REPUBLIQUE!», nous voulons partout agir pour sortir de cette impasse.
La démocratie et la République sont en danger. Mais tout nous montre que notre pays possède les ressources pour surmonter cette crise. Notre ambition est de rassembler les énergies aujourd’hui dispersées, changer la donne politique.
« VIVE LA REPUBLIQUE » se donnera tous les moyens pour agir dans ce sens au niveau local et au niveau national, aussi bien dans l’action quotidienne que dans les élections.
REJOIGNEZ-NOUS !